Septième album du fils aîné d'un monument de la musique africaine en la personne de Fela Kuti, No Place for My Dream poursuit le discours politique du précédent Africa for Africa (2010) sans se focaliser uniquement sur cet aspect. L'auteur du bouillant hymne « Beng Beng Beng », balancé il y quinze ans sur Shoki Shoki, prend de la hauteur tout en restant dans l'engagement.Boosté par une machine toujours aussi puissante qui largement fait ses preuves sur scène, le groupe Positive Force et ses saxophones volubiles, son orgue rutilant, ses rythmes syncopés, l'ange noir et fils prodigue de l'afrobeat distille son message tout au long des onze pistes d'où s'échappent les effluves de « The World Is Changing », premier extrait revigorant à la guitare tricotée, les sonorités vintage de « No Place for My Dream » et « Action Time » dont le chorus ensoleillé parfume le morceau engagé de bonne humeur. D'autres titres tout aussi virulents comme « No Work No Job No Money », « Carry On Pushing On » ou « Politics Na Big Business » participent de ce mélange entre un verbe volontaire et un groove imparable. Désormais plus prolixe à la trompette, Femi Kuti dévoile « One Man Show », pièce hypnotique afro-jazz écrite à la mémoire de son père, restée une dizaine d'années dans les tiroirs.Prolongeant la voie tracée par l'aïeul, No Place for My Dream travaille son style au corps à corps et exsude de moiteur, d'ambiances festives et combattantes, jamais gratuites. Cet album vibrant d'inspiration rejoint les plus beaux joyaux d'une lignée érigée depuis plus de deux décennies.