Né en 1823 et mort en 1892, Édouard Lalo embrasse cette période du romantisme qui voit le genre de la romance de salon évoluer en « mélodie française ». Injustice de la postérité : seuls Fauré, Duparc et Debussy ont acquis aujourd'hui une postérité dans ce genre. Et pourtant, les compositions de Lalo témoignent d'une profusion d'idées et d'une parfaite adaptabilité aux évolutions esthétiques. Les deux scènes de salon pour voix et piano (Le Novice et L'Adieu au désert) s'inscrivent ainsi dans une pratique remontant au Premier Empire, tandis que les sept romances (dont six sur des textes de l'excellent parolier Béranger) relèvent d'une mode à son apogée sous la monarchie de Juillet. Quant aux vingt-trois mélodies écrites entre 1855 et 1890 - certaines sur des paroles de Victor Hugo -, elles doivent peut-être leur inspiration vocale au mariage entre Lalo et la contralto Julie Bernier de Maligny.