Avec l'arrivée des beaux jours, des ponts et des pics de chaleur, le mois de mai relance l'intérêt pour les résidences secondaires en France. Pour certains, il s'agit d'un achat synonyme de maison de famille, de souvenirs d'enfance et de retrouvailles, tandis que pour d'autres, c'est un placement locatif ou un investissement touristique. En 2023, la France a accueilli un record de 100 millions de visiteurs internationaux, ce qui en fait le pays le plus visité au monde. Cependant, la cohabitation entre résidents permanents, vacanciers et propriétaires de résidences secondaires est parfois difficile, notamment à cause du surtourisme qui transforme certains lieux de vie en zones surpeuplées l'été, avec plages bondées, embouteillages, prix élevés, attractivités saturées et nature dégradée. Les infrastructures ne sont pas toujours adaptées et certains villages prennent des allures de métropoles en haute saison. Certaines communes, comme au Pays basque, ont tenté de limiter la location touristique, mais les effets restent limités. Le marché immobilier des résidences secondaires est à deux vitesses, surtout sur la Côte d'Azur : d'un côté, des locaux qui possèdent des maisons depuis longtemps, souvent héritées, et de l'autre, des acquéreurs fortunés, souvent étrangers, qui dépensent beaucoup pour n'y séjourner que quelques semaines par an. Les autres recherchent des villas avec piscine et tout le confort pour limiter leurs sorties. Les résidences secondaires représentent un peu plus de 9% du parc de logements en France, mais leur impact est important, notamment avec l'effet TGV qui a développé la fréquentation de certaines villes proches des métropoles régionales. Par exemple, les Parisiens privilégient la Côte fleurie, les Nantais et Rennais la Côte d'Emeraude, le golfe du Morbihan ou La Baule, les Bordelais le bassin d'Arcachon, les Landes et le Pays basque, les Toulousains l'Aude, l'Hérault et les Pyrénées-Orientales. Après un blocage du marché en 2024, la reprise s'amorce en 2025 avec plus de vendeurs et des négociations aboutissant plus souvent. Les acquéreurs sont exigeants, visitent beaucoup, négocient longuement et n'hésitent pas à se rétracter pour renégocier. Les prix ont baissé de 8% en moyenne l'an dernier, mais certains vendeurs gardent en tête les niveaux de 2021. Les ventes de châteaux entre 2 et 5 millions d'euros sont dynamiques, attirant aussi bien des Français que des étrangers. Prix de l'immobilier dans 10 lieux à l'écart de la foule (en /m, mai 2025, source MeilleursAgents) : Dieppe : appartements 1 000 à 3 400, maisons 1 100 à 4 200 Granville : appartements 1 500 à 5 700, maisons 1 700 à 7 000 Concarneau : appartements 1 900 à 6 100, maisons 1 600 à 6 000 Tours : appartements 2 000 à 4 200, maisons 2 000 à 6 400 Chalon-sur-Saône : appartements 900 à 1 900, maisons 1 000 à 3 400 Soulac-sur-Mer : appartements 1 800 à 6 200, maisons 1 700 à 7 500 Périgueux : appartements 1 000 à 2 900, maisons 1 000 à 4 000 Soorts-Hossegor : appartements 4 000 à 12 200, maisons 4 800 à 24 000 Saint-Jean-du-Gard : appartements 500 à 2 300, maisons 900 à 4 600 Auron : appartements 2 000 à 8 500, maisons 2 700 à 13 500 Côte d'Albâtre (Normandie) :Des villages à l'écart d'Etretat offrent des prix abordables. à Dieppe, un appartement de 2 chambres avec vue mer s'est vendu 218 500 euros en 7 jours. à Saint-Martin-aux-Buneaux, une longère de 4 chambres sur 1 600 m de jardin a été cédée pour 283 000 euros (1 938 /m). à Saint-Riquier-ès-Plains, une maison ancienne a été vendue 234 000 euros (2 294 /m). à Criel-sur-Mer, un ancien atelier de voiles transformé en habitation a trouvé preneur à 95 000 euros pour moins de 50 m. Baie du Mont-Saint-Michel :La côte attire une clientèle familiale recherchant calme et authenticité. à Cancale, les prix des maisons anciennes ont reculé de 13%, mais ont augmenté de 10% à Saint-Méloir-des-Ondes, les deux à un prix médian de 332 500 euros. à Saint-Pair-sur-Mer, une maison de 135 m a été vendue 499 000 euros. à Granville, une propriété de 160 m a atteint 1,26 million d'euros. Les acheteurs sont principalement locaux, âgés de 40 à 60 ans, souvent retraités ou cadres supérieurs. Certains, lassés des chaleurs du sud, remontent vers la Manche. Riviera bretonne (sud Finistère) :Secteur préservé, apprécié pour son authenticité. Les prix se sont stabilisés après une baisse de 10% en deux ans. à Bénodet, les maisons de 5 pièces avec jardin près des plages se vendent entre 600 000 et 800 000 euros. à Port-la-Forêt, une villa de 140 m avec travaux est proposée à 740 000 euros. à Loctudy, les prix sont plus doux : 480 000 à 500 000 euros pour 120 à 140 m sur 550 m de terrain. Bords de Loire :La région bénéficie de l'effet TGV et attire Parisiens et Nantais. à Saumur, on trouve des biens rénovés à moins de 2 000 /m. à Baugé-en-Anjou, un manoir de 325 m a été acquis pour moins de 500 000 euros. Les châteaux prestigieux des bords de Loire attirent les étrangers, tandis que les Français privilégient les petits châteaux du Berry. En Sologne, les prix ne descendent jamais sous 10 000 /hectare. Bourgogne :Région recherchée pour ses vins et ses villages. Une maison de 200 m à Montceau-les-Mines a été négociée à 200 000 euros (contre 250 000 demandés). Un château néoclassique de 760 m à Chablis est proposé à 2,3 millions d'euros. à Saint-Sauveur-en-Puisaye, une maison Directoire a été acquise pour 700 000 euros. à Semur-en-Auxois, un manoir et moulin de 1 000 m a vu son prix baisser de 1 million à 780 000 euros. Estuaire de la Gironde :Entre Soulac et Royan, la côte séduit familles et seniors. à Soulac-sur-Mer, une villa de 250 m face à la mer coûte 1,5 million d'euros, un 2-pièces de 35 m 200 000 euros. Dans le centre, les prix sont autour de 3 400 /m. à Saint-Laurent-Médoc, une maison contemporaine de 105 m avec piscine a été achetée 260 000 euros. à Barzan, une maison de 110 m avec piscine et vue exceptionnelle a été vendue 480 000 euros. à Royan, les prix atteignent 4 200 /m, et une villa 1930 de 180 m avec piscine a été acquise pour 1,36 million d'euros. Périgord :Le marché a été affecté en 2024, mais les prix restent abordables : 1 600 /m en moyenne pour une maison. à Sarlat, les maisons anciennes se vendent entre 2 000 et 3 000 /m. Une maison de 180 m à Archignac a été achetée 550 000 euros. à Coux-et-Bigaroque, une demeure de 300 m avec piscine a été vendue 845 000 euros (-5%). à Issigeac, une maison de 210 m a été cédée 272 000 euros. à Périgueux, on trouve des maisons de 100 m à partir de 180 000 euros. Landes (Soorts-Hossegor et environs) :Hossegor reste très prisé, avec un prix moyen de 8 300 /m pour un appartement et 11 200 /m pour une maison. Un duplex de 119 m au bord du lac s'est vendu 1,39 million d'euros. Une maison traditionnelle de 80 m rénovée, sur 1 250 m de terrain, est proposée à 1,35 million d'euros. à Capbreton, les maisons anciennes sont à 7 000 /m, à Seignosse à 7 600 /m. Le marché est moins tendu qu'après le Covid, les prix se sont stabilisés. Ardèche, Cévennes :Région très peu dense (30 habitants/km contre 118 en moyenne nationale), idéale pour la déconnexion et le télétravail. Les acquéreurs recherchent des mas de 150 m ou des fermes à rénover, avec dépendances et terrain. Une ancienne ferme de 180 m sur 5 000 m de terrain a été vendue 500 000 euros. à Vals-les-Bains, une maison de 85 m avec 50 m de dépendances est à vendre 231 000 euros, avec gros travaux à prévoir. Alpes du Sud, Mercantour :Les vallées de l'arrière-pays niçois offrent un refuge contre la chaleur et la foule. à Saint-Martin-Vésubie, les prix ont progressé de 4,6% en un an et de 20% en cinq ans, entre 2 500 et 3 000 /m, avec des pointes à 4 300 /m. à Auron, le mètre carré a pris 2 000 euros depuis 2021, atteignant 5 000 /m pour les appartements et 6 300 /m pour les maisons, avec des pics à 7 800 et 9 000 /m. Les studios sont recherchés, entre 160 000 et 180 000 euros l'unité. Les transactions sont rapides pour les biens au juste prix. En résumé, le marché des résidences secondaires en France est très diversifié, avec des prix et des dynamiques variables selon les régions. Les acquéreurs sont plus exigeants, les négociations sont longues, et les prix ont globalement baissé ou se sont stabilisés après la flambée post-Covid. Les régions proches de la mer, de la montagne ou des grandes villes restent très recherchées, mais il existe encore de nombreuses alternatives abordables pour tous les budgets.