La Belle excentrique est l'intitulé d'une « fantaisie sérieuse » signée Erik Satie, une de ces pièces cachant tout le sérieux et la concentration sous une enveloppe humoristique. Composée en 1920, elle était destinée à une danseuse de French Can-Can surnommée Caryathis.Telle cette composition, démantelée en interludes, le récital de Patricia Petibon possède deux visages. Une facette légère qui est celle du Paris insouciant d'avant-guerre et des divertissements, entre la Belle Époque et les Années Folles, et une autre plus grave où toutes les blessures ne sont pas encore pansées. Et puisque cet album de vignettes début de siècle du XXème est placé sous le signe de l'éclectisme, il n'est pas étonnant d'y trouver à deux reprises Léo Ferré, compositeur hors de son époque, avec sa « Jolie môme » fredonnée en compagnie d'Olivier Py et « On s'aimera », où s'invite le violon de Nemanja Radulovic.